sept 202012

Le Canada… retour au paradis des camping-cars. De grands espaces, de beaux paysages, des routes en bon état, des nuits calmes et personne pour les troubler, et même des stations de vidanges gratuites un peu partout. Que demander de plus ? Du beau temps, on en a eu. Des gens sympathiques, il y en a beaucoup. Des forêts multicolores, c’est vrai qu’on les a ratées de peu. De la neige… ah oui, ça, ça doit être quelque chose, et on n’exclue pas de revenir un jour en hiver pour vivre cette expérience.

Sinon, au Québec, la langue officielle est le français. Enfin, le français, des fois on se demande bien de quoi ils parlent. Alors je ne vais pas vous faire un dictionnaire de tous les mots et expressions bizarres que nous avons croisés, mais vous raconter quelques quiproquos.
Quiproquo n°1 : nous cherchons à apercevoir des orignaux. L’office du tourisme nous renseigne : il arrive d’en voir au bord de la route, à la brunante. Quentin cherche la ville de Brunante sur la carte, mais saisie d’un doute je demande confirmation : la brunante, c’est le crépuscule ? Et oui !
Quiproquo n°2 : des panneaux qui invitent à la cueillette de bleuets. Pourquoi pas, mais qu’est-ce qu’il font de toutes ces fleurs les gens ? Ils les mangent ? Je ne croyais pas si bien dire : les bleuets, ce sont des myrtilles…
Quiproquo n°3 : essai de description de iVan pour un trajet en ferry.
– J’ai un van
– C’est une tente-roulotte ?
– Moui, peut-être…
– C’est une tente-roulotte ou un campeur ?
– Euh, là je ne sais pas trop la différence.
(Une fois en vue d’iVan)
– Ah, mais c’est une camionnette !
– Ben oui, si vous le dites.

Après 18h de train (c’est pas le TGV ici) nous voici à Québec, attablés dans une boulangerie avec vue sur notre auberge, il est 6h du matin… Il nous faut attendre 8h qu’elle ouvre, pour pouvoir déposer nos bagages… La joie des transports en commun et des hôtels !

Mais nous ne restons pas beaucoup à pied, à Québec nous retrouvons Philippe, en vacances au Canada avec sa voiture de location. Après avoir rattrapé le temps passé autour de quelques bières et dans les charmantes ruelles de la ville, nous nous échappons, direction les chutes de Montmorency, les lacs de la Mauricie ou le festival western de Saint Tite. En fait de western, en semaine, la principale attraction est la vente de camping-car et camions en tout genre. Impressionnant de démesure !

Sur-ce, direction Montréal où Baudouin nous accueille dans sa maison. Nous avons retrouvé quelques habitudes toutes simples : se réveiller dans un vrai lit, prendre une douche (ou même un bain !), se diriger dans le métro, faire du shopping dans les centres commerciaux (pardon, magasiner), flâner dans les parcs, mettre nos courses dans un frigo, utiliser une grande cuisine… ça va, on sait toujours faire. Et puis comme Montréal est une grande ville, on y a de la famille, mais aussi des amis, rencontrés au Guatemala. On ne résiste donc pas à une après-midi « souvenirs de voyageurs ». Pas encore rentrés et déjà nostalgiques?


Enfin ça y est, c’est l’heure du retour. Jeudi 20 septembre, 21h15, notre avion va décoller…

Après le Québec, les provinces maritimes : la fin de la route étant le port d’Halifax en Nouvelle Ecosse.

Nous traversons donc le Nouveau Brunswick. Faits notables :
– L’eau de la baie des chaleurs est réputée exceptionnellement chaude. On n’a pas osé tester à cause du petit vent froid, même si c’est le plus bel et le plus chaud été en 17ans dans la région…
– La poissonnerie du port de Shediac vend des homards déjà cuits pour 5$. Menu du soir : un homard chacun !
– Dans les supermarchés le saumon est moins cher que le poulet. Menu du lendemain : saumon !
– La côte fut une terre d’accueil des acadiens. Même en France on ne voit pas autant de drapeaux français ! Enfin, c’est le drapeau acadien donc il a une petite étoile en plus.

Un petit détour par le Cap Breton. Le temps de flâner le long du Cabot trail pour admirer les paysages côtier. De balader dans les forêts du parc national des hautes terres du cap Breton. De visiter la forteresse de Louisbourg, grand port de la Nouvelle France. C’est que ça rapportait à l’époque la pêche à la morue !

Et nous voici à Halifax. On emballe nos affaires, à partir d’aujourd’hui c’est sac à dos, train, bus et hôtels. On a laissé iVan au port, on le retrouvera dans trois semaines à Anvers, si tout se passe bien… Petit pincement au cœur, voilà ce que c’est de donner des noms aux objets, après c’est plus difficile de s’en séparer.

Nous commençons notre découverte du Québec en longeant le Saint-Laurent, et en passant très vite à côté de Montréal et Québec, sans s’arrêter, ce sera pour plus tard.
On a continué par les jolis petits villages de Charlevoix, tous avec des noms aux sonorités bien françaises, et certains rigolos, comme Port-au-persil. Arrivés au fjord du Saguenay, on a renoué avec nos vielles habitudes : balades dans les parcs nationaux et recherche frénétique d’animaux. Et pour notre plus grand plaisir, nous avons vu des bélugas! Enfin des dos de bélugas, mais on ne peut pas confondre avec d’autres baleines : c’est vraiment bien blanc!
On poursuit par la Gaspésie, avec encore des villages aux noms rigolos, Trois-Pistoles, Cap-chat, Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine, Cap-aux-os… enfin, je me moque, mais en France on en a aussi. Comme ça, tout de suite, je pense à Soupetard ou Montcuq, mais il y en a certainement beaucoup d’autres. De toute façon, quand on passe dans ces villages, la seule chose à laquelle on pense c’est : mais comment font-ils l’hiver? Pour les montpelliérains que nous sommes, affolés dès 10cm de neige, on a du mal à imaginer que des gens puissent vivre à l’année dans des endroits aussi isolés où il peut y avoir jusqu’à 4m de neige.
Côté parcs, nous avons eu le plaisir de rencontrer la colonie de phoques du Parc du Bic, Mme orignal et son petit dernier dans le Parc de la Gaspésie, les falaises du Cap Bon Ami et la famille castor du Parc National de Forillon. Petit commentaire en passant : ne dites pas avec un grand sourire à des canadiens que vous avez vu plein de porcs-épics sur le chemin de randonnée quand ils vous demandent si vous avez vu quelque chose d’intéressant… ils vont vous regarder bizarrement, comme si vous leur disiez qu’il y a des hérissons… ils en ont certainement plein leur jardin… des porcs-épics.
Pour terminer, quelques nouvelles de nous : on est malades! L’hiver nous a frappé de plein fouet, on tousse comme des malheureux et on dépasse le paquet de mouchoir par jour. Et pour couronner le tout notre thermomètre se fiche de nous : comment ça il fait 23°C?! On se gèle, on s’enrhume! Après six mois à 40°C il a dû se détraquer. Ou alors c’est nous…

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