Notre passage en Argentine en quelques chiffres :
– 20000 km, théoriquement la moitié de notre voyage… théoriquement. Autant le kilométrage prévu au Brésil a été respecté à 5 km près, autant pour l’Argentine il est largement dépassé, on a fait 3000km de plus que prévu.
– Notre 100ème jour de voyage, encore un an.
– Un bivouac à 3500m d’altitude, pour s’habituer à l’altiplano bolivien.
– 470 photos, après avoir fait le tri.

Il est difficile de résumer l’Argentine en quelques mots, tant le pays est grand et les régions différentes, mais voici les quelques petites choses que nous avons noté :
– Les chiens errants, il y en a partout, et malgré les petits postes vétérinaires qui font des stérilisations gratuites, le problème n’a pas l’air d’évoluer. La conséquence des chiens errants : les crottes de chien, il y a des trottoirs qui sont carrément minés à Buenos Aires, il faut faire attention à où on met les pieds.
– Les camions à Buenos Aires : je ne sais pas si c’est à cause du port qui est au centre-ville, ou si c’est parce qu’il n’y a pas de contournement autoroutier de la ville, mais du coup on peut croiser des camions de 30t dans les rues. Etonnant.
– Nous étions en Argentine en pleine campagne de réélection de Cristina à la présidence. Eh bien ici, c’est plutôt festif : les bureaux politiques diffusent de la musique à fond dans la rue à toute heure.
– Les contrôles policiers partout : à l’entrée et à la sortie des provinces, à l’entrée des villes. Il y a toujours le panneau stop, mais pas toujours les policiers, nous avons donc pris l’habitude de glisser un peu les stop, comme tout le monde. Mais attention, ne pas faire ça à un poste de douane avancé, même s’il n’y a personne de visible, ils n’apprécient pas du tout, mais alors pas du tout…
– Les piscines, ce n’est pas dans leur culture. Ils sont quand même deux personnes à Buenos Aires à m’avoir sorti cette réponse alors que je cherchais une piscine municipale. Ce n’est pas dans leur culture de se mettre à plusieurs dans de l’eau pour barboter. C’est quand même un sport olympique, mais bon.
– Les animaux sauvages, de la baleine au tatou, chaque rencontre a été une surprise et un bonheur.
– Et puis, quelque soit la région, nous nous sommes régalés d’empanadas et de bonne viande.

Enfin, un petit commentaire sur la Patagonie.
Pourquoi les gens en ont-ils un souvenir aussi marquant, alors que du premier abord c’est une région assez désertique traversée par des vents forts et froids incessants ?
Premièrement, ce n’est pas vraiment désertique, il y a des moutons partout, pas mal de vaches aussi, et puis des guanacos. La steppe est parfois sèche, mais c’est quand même assez vert dans l’ensemble. Ce qui donne l’aspect désertique c’est le fait que se soit plat et surtout parce qu’il n’y a pas d’arbres.
Alors, qu’est-ce qui émerveille tant les gens dans la Patagonie ? Je pense que se sont les merveilles qu’elle cache et qu’il faut avoir la patience d’attendre, ce qui fait qu’elles sont peut-être encore plus belles. Attendre qu’une baleine passe encore plus près, que les éléphants de mer bougent, que les orques passent (en vain), que les pingouins arrivent sur les côtes, que les lions de mer se laissent approcher, qu’un guanaco saute gracieusement par-dessus les clôtures, qu’un renard montre le bout de son nez, qu’un tatou traverse la route, qu’un choique se laisse surprendre, qu’un pan du glacier Perito Moreno s’effondre, que le Fitz Roy se dégage des nuages…

Classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’unesco, la quebrada offre des paysages de montagnes colorées comme seul le nord ouest argentin sait en faire.
Quelques photos prises depuis la route ou depuis la balade vers la montagne aux sept couleurs.


Article rédigé depuis notre bivouac dans le désert à 3500m d’altitude et envoyé du Paso de Jama à 4200m : on s’acclimate pour aller encore plus haut.

La ruta cuarenta est une route mythique de l’Argentine, faite de paysages magnifiques, de petits villages isolés, et de pistes pas toujours en bon état.
Voici donc les règles du jeu : les parties asphaltées ne comptent pas, si on s’en sort on gagne un point, si on a des problèmes ou qu’on abandonne, c’est elle.

De Tres lagos à Bajo Caracoles : « la ruta es muy fea », littéralement elle est très laide, dans les faits, elle est en construction, ce qui signifie qu’on roule sur un chemin en terre tracé à côté. Et avec une petite pluie fine, ça se transforme en boue qui colle. On est passé. Mais on ne faisait pas les malins avec 5cm de boue sur les roues…
Ruta 40 0 – 1 iVan

De Perito Moreno à Rio Mayo : on n’y est pas passé, mais ce n’est pas un abandon, on a juste changé d’adversaire, on a choisi la carretera austral chilienne, avec pour conséquence un pneu crevé, un compresseur cassé et une roue de secours dégonflée. Oui, j’avoue ça fait un peu amateurs sur les bords, mais on s’en est sorti quand même.
Ruta 40 1 – 1 iVan

De Zapala à Mendoza : on a déclaré forfait, un peu pressés par le temps, on est passé par l’autoroute chilienne…
Ruta 40 2 – 1 iVan

La cuesta de Miranda : pentue, escarpée, on a réussi à rester sur la route sans soucis.
Ruta 40 2 – 2 iVan

De Belén à Cafayate : trahison de la part de l’atlas routier qui fait référence en Argentine, il était annoncé du goudron et c’était de la piste… Ca vaut bien deux points.
Ruta 40 2 – 4 iVan

De Cafayate à Cachi : de la tôle ondulée… On y est allé doucement, mais on termine avec un pare-choc dévissé d’un côté et le pot d’échappement en partie décroché, on a remis tout ça d’aplomb à Salta.
Ruta 40 3 – 4 iVan

Nous gagnons donc le match, et continuons vers de nouvelles aventures. Et je tiens à souligner que l’arbitre est totalement impartial.

Parce que dans un voyage de cette longueur, il y a les bons moments, et puis il y en a des moins bons : voici les quelques jours dont on se souviendra longtemps mais qu’on préfèrerait peut-être oublier.
Avant d’aller à Salta, nous décidons de faire un détour par le parc de El Rey, où parait-il, il est assez facile de voir des tapirs. Résultat des courses : 50km de piste en mauvais état avec 10 passages à gué, une attaque conjointe de moustiques, de mouches qui piquent et laissent un point rouge qui gratte atrocement pendant des jours, et de tiques minuscules dont on a du mal à se débarrasser. Tout ça pour quoi ? Pour ne pas voir de tapir. On fuit donc la zone après y être resté deux nuits pour aller à Salta. Problème, la Patagonie nous a rendu peu méfiants et on a oublié comment se comporter dans une grande ville. Du coup, iVan s’est fait forcer et on nous a piqué l’autoradio… Heureusement seulement l’autoradio.

Quelques bonnes choses tout de même : à El Rey nous avons vu des pécaris et des tonnes de traces de tapir et une de puma dans la boue. Nous avons fait la connaissance de Monica et Jorge, un couple d’argentin à bord d’un chevrolet 1947, qui nous invité à partager un assado. Ah ces argentins, toujours 2 kg de viande dans le congélo et partants pour un barbeuc, même sous la pluie !
Et puis à Salta, il y a aussi le super musée MAAM avec ses momies inca congelées et le camping où nous avons rencontré pas moins de quatre familles françaises qui voyagent. Echange d’expériences, de conseils, nous sommes normalement fin prêts pour attaquer le désert d’Atacama et le sud de la Bolivie.

Pour rejoindre Salta, deux routes possibles : la quebrada de las conchas (gorge des coquillages) ou les vallées calchaquies. Toutes deux connues et reconnues pour leur beauté. Il faut choisir ? Que nenni, on va faire les deux, et avant on va même prendre le temps de se cultiver un peu.
Instants cultures donc, avec les visites du musée de la Pachamama et des ruines de la cité de Quilmés.
Ensuite direction la quebrada de las conchas pour un petit aller-retour de 100km qui devrait nous permettre de voir la plus jolie partie de cette route. Rien à voir avec des coquillages, mais en effet, c’est magnifique : des montagnes de roche rouge brique façonnées par le vent, qui contrastent avec le vert fluo des arbres au bord de la rivière. J’ai adoré, peut-être le plus beau paysage, à mon sens, depuis qu’on est parti.
Le lendemain, on enchaîne avec la ruta 40 qui traverse les vallées calchaquies : au pluriel pour la quantité de paysages qui vont se succéder. On commence avec las flechas, formations rocheuses verticales, puis des collines sableuses, des vallées, des plateaux, des ânes qui se baladent à l’état sauvage, un bivouac au milieu du parc des cardones, et enfin la descente de la cuesta del Obispo malheureusement dans les nuages. Après la quebrada de las conchas, cette route était moins spectaculaire qu’on ne s’y attendait, et on se souviendra de la tôle ondulée qui nous a accompagnée pendant une centaine de kilomètres.


On ne résiste pas à vous mettre un peu de musique, car pour ceux qui ne parlent pas espagnol, les cardones sont des cactus géants, style western ou old el paso, suivant les références…

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