nov 222011

Potosí, la ville.
Une ambiance assez déplaisante : de la pollution, du bruit, des bousculades, mais tout ça dans un cadre assez joli.
La pollution, c’est les vieux mini-bus japonais qui cherchent un peu d’oxygène à 4000m dans les rues en pente, et qui dégagent une fumée noire. Il ne fait pas bon être juste derrière. Le bruit, c’est des coup de klaxons : une fois à chaque croisement pour dire « je suis là et je passe avant toi » ou des coups répétés pour « avance, le feu va passer au vert » ou « dégage le piéton, t’es sur la route et dans 5s je t’écrase ». On comprend donc mieux les bousculades : il s’engage entre les piétons une véritable bataille pour rester sur le trottoir. Et quand celui-ci se rétrécie à 50cm, ça devient ardu.
Le cadre assez joli, ce sont les vieux bâtiments coloniaux et places qui reflètent la richesse passée de la ville. Il faut dire que quand les espagnols sont arrivés, ils sortaient de la mine de l’argent pur à 80%. Il y en avait tellement qu’ils ne savaient plus quoi en faire. Lors de notre visite à la Casa de la moneda, on a vu de tout : des pièces de monnaie à l’armure en passant par le costume de danseur, le tout en argent pur.

Potosí, la mine.


Je savais que les visites de la mine de Potosí était organisées de la façon suivante : transport, achat de cadeaux pour les mineurs, visite, retour en ville. Nous l’avons donc fait dans le respect des règles, et pour 4€ nous avons acheté de la dynamite, un détonateur, une mèche, un sachet de sulfate d’ammonium, un paquet de cigarette, des feuilles de coca et 1L d’alcool « buen gusto » à 96°. C’est la partie suivante qui m’a le plus gênée : la distribution des cadeaux. J’ai eu l’impression que nous étions un groupe d’enfants que nous emmenions au zoo, chacun avec son sac de friandises. Nous avons donc distribué nos petits achats aux quelques mineurs rencontrés, qui ont du toucher le pactole vu le nombre de groupes de touristes croisé… On nous a assuré qu’ils vont partager avec les autres, plus inaccessibles. J’ai du mal à le croire, quand dans une même mine, un mineur peut toucher 300€ par jour et un autre 10. C’est le fabuleux système de la coopérative, un très joli mot pour désigner en fait une dizaine d’associés qui dynamitent la montagne et sont rétribués en fonction de la qualité du filon trouvé, et exploitent tous les autres mineurs qui courent, poussent, tirent, montent, chargent et déchargent des cailloux pour une misère. Prise de conscience : nos cadeaux ont donc été faits aux plus riches. Bon, leur situation en n’est pas enviable pour autant, leur espérance de vie étant de 45 ans à cause de la silicose…
Cependant, pour ceux qui veulent se rendre compte de ce qu’est le travail de mineur dans les conditions du siècle dernier, voir Germinal c’est une chose, se retrouver courbé en deux dans un dédale de tunnels sombres, respirer de la poussière, marcher dans la boue, et se plaquer contre la paroi quand une brouette pleine de cailloux passe à toute vitesse, c’en est une autre, et ça vaut définitivement le détour.

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